Ouvre les yeux, regarde dans quelle merde tu es. Sûr, ce n'est qu'un apperçu, tu en verras encore de la merde passer sous tes yeux.
Avant, tu n'étais qu'une personne qui voyait le mal partout. Tu puisais ton mal-être dans ton passé, en te disant qu'il était impossible de construire sans voir sur ta nouvelle vie les traces du passé.
Tu as réussi à reconstruire ta vie. Petit à petit, en oubliant qui ils étaient, leur absence.
Mais un jour, tout bascule, comme toujours, et tu retournes en arrière.
Tu remets en question l'amitié. Tu te rapelles quand vous étiez dans les bras l'un de l'autre. Tu vois un monde se construire, tu en vois d'autres qui gangrènent d'amour et qui un jour explosent de haine.
T'es fragile, tu le sais. Tu te réfugies dans l'écriture. Tu écris pour oublier. Tu écris pour qu'ils te comprennent, mais tu es sûr qu'aucun ne peut réellement te comprendre. T'es difficile, t'es compliqué, t'es con par moment, intelligent rarement, mais putain, t'es pas comme eux. T'es pas de ceux qui vivent leur vie au fil du temps. Bien sûr, le temps pourrit ta vie, mais il l'embellit aussi . Et ça, tu comprend pas. T'es con souvent.
Qu'est ce que tu ressens quand tu te regardes dans un miroir ? De la beauté ? De la haine ?
De l'incomprehension ?
Te te demandes pourquoi tu es comme ça, tu te demandes pourquoi ton cerveau est trop compliqué à comprendre. Tu essayes de comprendre ce qu'il te faut.
Il te faut de la solitude et Lui, tu pourrais vivre de ça. Qu'importe si tu manges ou si tu bois, tu pourrais mourrir à ses côtés, je crois que ça serais le meilleur cadeau que tu aimerais.
Pour toi, la mort, c'est pas vraiment réel. Sûr, des gens meurent et disparaissent pour toujours, mais tant que ce " devoir de mémoire " et non pas ce " travail de mémoire " reste, les gens ne meurent pas vraiment . Seulement toi, la mort, c'est le temps, qui emporte avec lui les souvenirs. Les relations d'amitiés que tu t'es construites sont pour toi une grande chose : presque ce qui te fais vivre .
Tu pourrais vivre avec ta famille, mais tu ne serais pas épanouis, tu le sais. La seule chose qui te permet de t'évader ce sont eux, avec leur sourire, leurs problèmes, leurs joies...
Sûr, tu penses que l'ancien temps n'est plus. Tu aimerais couper les ponts, mais tu peux pas . T'es comme rongé par l'incertitude. Ils étaient pour toi ta vie. Ils ne sont plus ta vie, ils sont ton passé. Et tu t'en veux, mais qu'est ce que tu aurais pu faire pour que celà change ? Aller contre ta vie?
Tu sais que tu n'avais pas le choix, venir ici t'as sauvé d'un certain côté, de l'autre, il t'a détruit. Tu fumes de plus en plus, tu ne sais pas pourquoi. Tu en as marre, tu sais pourquoi . Boulot, Dodo encore et toujours.
Tu écoutes toujours le même artiste, tu ne t'en lasses jamais.
Bien sûr, tu t'accroches. Tu essayes de passer des larmes aux éclats de rires. Mais t'en peux plus. T'es divisé en deux .
Maintenant, les gens pensent que tu es quelqu'un qui ne sourit jamais.
T'étais delivré il n'y a pas encore si longtemps que ça de ton manque de joie. Sûr, tu le sentais, tu ne savais pas pourquoi . Deux semaines, tout s'écroule. Tu t'es remangé les cailasses que tu avais construites sur ta gueule.
T'as ouvert les yeux, et tu le vis mal, encore. Tu as bu pour croire que ce n'était pas réel. Mais à chaque jour sa réalité, tu as compris. Tu aurais dû faire quelque chose . Tu te rapelles du passé, je le sens, tu te demandes pourquoi tu n'as pas essayé avant. Tu te dis que tu as une " conscience ", celle qui t'évites de blesser les gens, celle qui t'évites de poser les questions. Après, tu as ta curiosité, celle qui te bouffes le plus souvent. Tu as ton silence, celui qui s'entend trop souvent . Tu préfères conserver tout tes mots pour éviter qu'ils sortent et qu'ils sautent à la gueule des autres. Tu n'aime pas trop la violence, tu le sais. T'es différent, peut-être parce que tu arrives à aimer les deux sexes. En parlant d'amour, je vois que tu te demandes pourquoi tu t'es attaché à ça ?
Tu sais pourquoi " l'amour c'est la mort, et t'aimer c'est mourir " , tu as tout compris. Tu veux t'accrocher à l'amitié et tu apprend que l'année prochaine rien ne sera comme avant. Deux ans seront détruits. Deux ans ...
Sûr, tu le verras encore, mais tu aimerais le suivre, jusqu'à la mort si il le fallait. T'as envie de tout lui dire, mais tu sais que ça ne changera rien . tu vas encore tout garder pour toi. A la fin de ta vie, tu te dis que tu publieras un livre avec tout ce que tu aurais aimé dire. Sûr, tu sais que tu ne viveras moins longtemps que les autres, mais tu t'accroches à cette idée. Un jour, tu as dis : plutôt mourrir que de voir ses amis mourrir.
Tu as compris.
Tu rêves de t'enfuir. Tu rêves de partir loin, de tout laisser. Tu sais que tu pourrais. Mais tu es trop sensible, tu ne veux pas faire de mal aux autres. t'es trop sensible, t'es trop sensible.
Tu aimerais beaucoup avoir ce que tu n'as pas. Tout le monde veut ça, tu le sais, mais tu sais a compris que c'est l'unique chose qui manque à ta vie. Tout ces chagrins d'amour, ces espoirs morts, ces fausses amitiés, tu t'en fous . Tu as mal trop souvent de tout ça, mais tu t'en fous. T'es toi, et toi, tu te tais trop souvent, ouvres là pour toi, surtout pour toi, n'oublie pas que tu es le seul à te comprendre. Personne ne peut te comprendre, même toi, des fois, tu crois te comprendre, mais il n'en est rien. Tu es trop flou. Tu es fou. Tu es condamné à vivre .
Tu as ouvert les yeux, ne le regrette pas. Tu es dans la même merde que tout le monde. Et pour ça, sois heureux.